, savoir par excellence, e'est-a-dire la gnose (du grec gnosis): ce mot s'ecrit en napali jnana, la palatale sonore initiate j etant le resultat de I'evolution satem du g. alors qu'en francais le g s' est maintenu dans gnse (en latin on trouve la forme gnosco). Dans la graphie, dite devanagari, utilisee pour ecrire le napali, la combinaison des letters j et n, les deux premieres du mot envisage ici, a ete consideree comme suffisamment importante pour donner lieu a I'adjunction dans I'alphabet d' n symbole unique representant cette cominaison jn. Ce symbole, sorte de compose phonemique, est traite come une letter a part entiere qui se trouve etre la derniere de I'alphabet devanagari. Or cette letre, compose de la palatale sonore et de la nasale correspondante, qui decrait donc se prononcer jna, est an realite une exception, la seule notable, de la rigueur phonetique de l'alphabet devanagari. Cette letter se pronounce en effet gya (=guia), operant une sorte de retour a son origine velaire en indo-europeen. Ce qui nous amene a avoir pour equivalent au francais gnose, le napali gyan. En employant une image peut-etre un peu hardie, on pourrait dire que cette irregularite du nepali est une sore de negative au sens photographique du terme, de l'irregularite' qui en francais fait que le son s se pronounce comme un s devant e et i. Un autre trait de l'evolution satem est la simplification en velaires des labiovelaires, reconstituees pour l'indo-europeen. Par exemple la labiovelaires, qui s'est maintenue en latin (langue centum), a donne en francais, bien que la labiale ecrite ne soit plus prononcee, la forme qu dans quoi, qui En nepali (langue satem), par contre, il y a eu evolution vers la velaire correspondante, la forme k pour donner ke, ko... (qui signifient respectivement quoi, qui). Une comparaison entre nepali et francais revele un certain nombre de concordances: au niveau des chiffres (sat=sept, ath=huit, anu=neuf, das=dix), des verbes (dinu=donner), du vocabulaire usual (ama=mere, sarpa=serpent), religieux (deuta=deite, deva=divinite, dieu) ou de notions fondamentales (mrityu=mort, juwan=jouvence). En ce qui concerne l'evolution plus specifique du nepali en tant que pahari, Turner distingue deux grandes periods. Dans un premier temps, a une époque assez reculee, l'evolution a ete concomittante avec les dialects indo-aryens du nord-ouest de l'Inde, ceci correspondent a une migration d'oust en est des Khas. En effet, alors que dans la majorite des langues indo-aryennes, le groupe: nasale + sourde conserve la consonne inchangee (en Bengali, Hindi, Gujarati, Oriya, Marathi ) dans la Presque totalite des pahari on observe une sonorisation de la consonne (en Kashmiri, Panjabi, Sindhi ). Cette sonorisation se remarque egalement en napali. Turner note egalement que le napali a du appartenir originellement a un groupe de dialects qui incluait les ancetres du Gujarati, Sindhi, lahnda, Panjabi et de l'hindi, Notamment dans le traitement du sanscrit iya qui devient en moyen-indien ia (oppose a ijja) comme dans le suffixe passif i-, il s'accorde avec ces langues. A une deuxieme époque pus recente, une fois perdu le contact avec la parente Panjabi du nord-ouest suite a la migration vers l'est, les developments auraient ete alors fortement lies aux langues des plaines du sud-himalayen. Par exemple, dans l'oust et le nord-ouest la nasale retroflexe, provenant de la nasale dentale ou retroflexe-du sanscrit, s' est maintenue, alors que dans les langues indiennes du centre et de l' est elle se transforme en nasale dentale, ainsi qu'en en nepali (alors que ce n' est le cas des pahari de l'ouest). Ainsi le nepali est sans conteste une langue indo-aryenne, descendant en droite ligne du sanscrit quant a sa structure grammaticale generale et a la formation de la plus grande part de son vocabulaire. Mais d'autres influences, comme dans I'histoire de toute langue, ont egalement contribute a sa constitution. La premiere est sans doute celle du tibeto-birman. Renou n'hesite pas a dire, en evoquant les similitudes existent entre les differents parlers pahari, que celles-ci proviennent aussi, pour une part, d'un commun substrat tibeto-burman. Dans le cas du nepali, cette influence a ete renforcee par la presence des Newar don't a langue appartient a la famille tibeto-birmane. Turner estime que cette influence a pu etre exageree par certains. Quoi qu'il en soit, l'importance des Newar est incontestable sur le plan culturel, et ne peut rester sans consequences linguistiques. Les langues qui existaient en Inde avant l'invasion aryenne: les langues dravidiennes et munda (austro-asiatiques) ont egalement enrichi le nepali. Plusieurs mots persans et arabes (kitab=livre, Kalam=crayon, malik=maitre, muluk=pays) sont employes couramment en nepali, souvent dans le vocabulaire juridique, introduits par l'intermediaire de l'hindi Cette langue liee a l'evolution du nepali a accentue son empreinte ces dernieres decennies a cause de l'influnce grandissante des modias (particulierement du cinema). Enfin tout un vocabulaire anglais se glisse dans la conversation nepalaise ainsi que dans la langue ecrite. Les mots y apparaissent parfois en alphabet latin ou y sont orthographies dans une phonetique approximative en devanagari myujik (music) myujiyam (museum). Pour tenter de lutter contre ce phenomene, ressenti par certains comme un env